Historique
Célébrités

source wikipedia
L'histoire de l'escrime a commencé avec celle de l'humanité ou presque. Dès que l'homme a su travailler le bois puis le fer, il a fabriqué des armes pour se défendre et survivre. Il a été dans l'obligation de compenser son infériorité physique avec des armes
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Escrimeurs de légende
Les artistes du fleuret et les héros de cape, de sabre et d’épée sont légion. Malheureusement, comme l’affirmait La Boëssière,
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Escrimeurs de légende - Escrimeurs de légende (page 3)

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Escrimeurs de légende
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D’Éon, chevalier et chevalière


« J’aurais mieux fait des armes si j’avais été femme », aimait à dire Charles Geneviève Louis Auguste André Timothée d’Éon de Beaumont (1728-1810). Il n’en était pas loin. Élevé comme une fille jusqu’à 3 ans, il conservait adulte une taille et une figure fine de jeune fille. Imberbe, le timbre de voix féminin, il joua le rôle de femme pour la diplomatie secrète de Louis XV.

La « chevalière » fit à Londres, en 1787, avec le Chevalier de Saint-Georges, un assaut célèbre qui dura plus d’une heure, où il fit pour la première fois usage d’une lame d’épée triangulaire et à garde diminuée.
Officier d’un régiment de dragons, il devint émissaire secret, sous le nom de Lia de Beaumont, et rendit de nombreux et distingués services. La plus fine lame d’Europe intriguait de plus en plus et les paris publics énormes étaient ouverts sur la question de son sexe. D’Éon défendit son état d’homme au cours d’une série de duels retentissants.

Le chevalier rentra en France puis, gagé par Louis XVI pour ses services et son silence, il retourna s’entraîner, juponné et perruqué, dans la salle d’armes londonienne d’Angélo.
En août 1796, à 78 ans, il fut gravement blessé dans une des démonstrations d’escrime qu’il donnait pour gagner sa vie ; ce fut la fin de son mythe d’invincibilité.
À sa mort, à 82 ans, le 21 mai 1810 en Angleterre, le chirurgien Copeland qui l’autopsia s’écria : « c’est un homme ! ».

St George, l’escrime et la musique


« La nature le fit et brisa le moule », a dit Grisier de cet escrimeur mulâtre aux qualités exceptionnelles, aussi doué en musique qu’au maniement des armes, dont la devise était : « la musique élève l’âme, l’escrime la trempe. »
Le chevalier de Saint George était un violoniste, un compositeur et un escrimeur célèbre. On pouvait dire de lui qu’il avait plusieurs cordes à son archet. Ses combats se passaient sans anicroche, sans fausse note.

Connaissant le sens de la mesure, il mettait tous ses adversaires à sa portée ; le silence contemplatif qui régnait lors de ses assauts publics n’était ponctué que par quelques soupirs admiratifs au vu des coups portés : contretemps et points d’arrêt, dans les intervalles de tierce et quarte, qui pianissimo puis crescendo marquaient, telle une gamme, le plastron adverse.

Voici ce qu’écrit La Boëssière, sur Saint Georges, pensionnaire de l’institution pendant six ans, dès 1752 : « Le matin était consacré à son éducation, l’après-midi était employé à la salle d’armes. À quinze ans, il battait les plus forts tireurs ; avec le temps, il acquit des connaissances qui le rendirent inimitable. Il ne suffisait pas de le voir tirer pour juger son talent ; il fallait être capable de tirer avec lui, et alors on reconnaissait sa supériorité. Supériorité qu’il garda jusqu’à l’âge de quarante ans. Alors il se cassa le tendon d’Achille en dansant, et une raideur du jarret gauche influa sur son art, mais il conserva son talent. »

À noter que, malgré l’absence des masques à cette époque, il n’a jamais blessé personne, tant il avait la main légère.

Le pupille de La Boëssière n’était pas seulement un extraordinaire escrimeur ; Dugast, maître du manège des Tuileries, voit en lui l’un de ses meilleurs élèves. La Boëssière le donne aussi comme un excellent nageur. « Son agilité piquait la curiosité des spectateurs », écrit-il. En effet, il traversait la Seine en ne s’aidant que d’un seul bras. Même en patinant, il attirait les regards de la foule. Un noir sur la glace, quelle grande première vers 1765, vous imaginez.
La Boëssière ne souffle mot de son éducation musicale. C’est donc par la Biographie Universelle des Musiciens de Fetis que nous sommes renseignés sur ce point. Il étudia le violon avec Leclair, et si, toujours d’après Fetis, l’art de la musique le touchait particulièrement, son talent moelleux sur le violon lui faisait souvent donner la préférence sur les plus habiles artistes de son temps.

Si la chevalière d’Éon fut l’adversaire le plus connu de Saint Georges, Angelo nous cite un combat du 8 septembre 1766 qui l’opposa à l’italien Faldoni, contre lequel il n’eut pas l’avantage du nombre de touches mais celui de la qualité.