Historique
Célébrités

source wikipedia
L'histoire de l'escrime a commencé avec celle de l'humanité ou presque. Dès que l'homme a su travailler le bois puis le fer, il a fabriqué des armes pour se défendre et survivre. Il a été dans l'obligation de compenser son infériorité physique avec des armes
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Escrimeurs de légende
Les artistes du fleuret et les héros de cape, de sabre et d’épée sont légion. Malheureusement, comme l’affirmait La Boëssière,
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Escrimeurs de légende - Escrimeurs de légende (page 2)

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Escrimeurs de légende
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Honneur aux dames : l’escrime au féminin


L’histoire nous montre que les armes n’ont pas toujours été tenues par des hommes. Certaines patriciennes combattaient dans les cirques de Rome et, au Moyen Âge, des tournois féminins s’organisaient couramment en Italie et en Allemagne.
On raconte que Louis XIII, informé d’un duel entre deux dames de la cour, rétorqua en riant qu’« il n’en avait fait défense que pour les hommes » et, à la même époque, Mme de Saint Balmont, dévote, poète et maniant fort bien l’épée, eut plusieurs duels contre des hommes. Les chroniques du temps du Roi-Soleil nous signalent encore le duel à l’épée d’Henriette de Molière contre une rivale en amour. Les comédiennes Beaupré et Christine des Urlis, du théâtre Royal, réglèrent un différend amoureux en coulisses, où cette dernière fut blessée au cou.

Dire qu’à cette époque nombre d’entre elles portaient la culotte est l’expression de la vérité. Ce vêtement leur semblait plus seyant mais, surtout, il leur permettait d’agir plus librement : elles prenaient le ton et l’allure de parfaits gentilshommes, et se prenaient même parfois pour de véritables chevaliers.

Certaines furent de première force à l’escrime, et mirent souvent à mal l’amour propre masculin. Les plus célèbres furent la Maupin et la chevalière d’Éon qui, sa vie durant, et même après, défraya la chronique par le doute qui planait sur son sexe véritable. Force nous est de reconnaître que la chevalière était un homme.
L’escrime est un sport qui convient merveilleusement au tempérament et au physique féminin. Il demande de la souplesse et de la détente, moins de force physique que de caractère, de la persévérance et de l’adresse. La grâce, la sensibilité et l’intelligence créative féminine y trouvent matière à expression. Un inconvénient à l’escrime d’aujourd’hui, un seul, mesdames, c’est de vous obliger à vous masquer.

Madeleine d’Aubigny, dite la Maupin


Disciple de Mars par l’intermédiaire des maîtres d’armes de la Cour et du baron de Césane, sous l’emprise d’Aphrodite par tempérament, adepte de Melpomène par l’éducation que lui fit donner son père, le Grand Écuyer du Roi et secrétaire du comte d’Armagnac Gaston d’Aubigny… Telle pourrait être la synthèse de la vie tumultueuse de la Maupin (1673-1707).

Si le pré, l’alcôve et la scène furent son domaine, c’est que l’escrime, l’amour et le chant furent ses passions. Le prévôt d’armes Théodore de Sérannes et le comte d’Armagnac lui donnèrent ses premières leçons, qu’elle prit avec enthousiasme et assiduité : magister dixit. Théophile Gautier nous la fit revivre dans un de ses romans, mais celui-ci semble fade face à la réalité dissolue de ce chevalier d’Éon au féminin. Elle prit en effet l’habit masculin par goût et par provocation, parfois par nécessité. Déguisée et cravachant son cheval, elle échappa aux poursuites du parlement d’Aix, qui l’avait condamnée au bûcher pour enlèvement d’une… jeune fille. Mariée à un marchand, elle le quitta le lendemain des noces ; cette nature infidèle portait souvent son cœur là où visait l’épée. Le comte d’Albert ne devint-il pas son amant après des joutes sur un autre terrain ?

Les duels de la Maupin furent célèbres et souvent mortels, ils l’obligèrent un temps à quitter la France pour la Belgique, où elle devint la « maîtresse d’armes » de l’Électeur de Bavière. Confite en vertu, elle mourut en France en 1707, à 34 ans, après avoir fondé un hospice.